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La Positivité Toxique, quand "PLUS" devient "MOINS"

  • enviecoachinginteg
  • 23 févr.
  • 5 min de lecture

J'aime les librairies et les bibliothèque et récemment je me suis attardée à observer la quantité d'ouvrages qui peuple les rayons de développement personnel.

J'en feuillète un, puis un deuxième, puis un troisième... ils sont tous pertinents, je les veux tous!

Pourquoi? parce que parfois rien que le titre me laisse penser que CE livre en particulier m'est absolument indispensable, que sans, je ne peux pas m'améliorer, progresser dans ma vie.

Je me fige et je me demande à quel moment la qualité et la légitimité de mon existence sont devenues dépendantes d'un livre (ou de 10, 20,100)?


Deux mots traversent mon esprit: POSITIVITE TOXIQUE

J'ai sûrement entendu ça quelque part mais je ne dois pas m'y être attardée.

Mais alors KEZAKO?


La positivité toxique, c’est quand le “reste positif” devient une injonction qui nie, minimise ou invalide les émotions difficiles.

Autrement dit, quand le “+” (pensée positive) finit par produire du “–” (culpabilité, isolement, refoulement).


Exemples :

« Ce n’est rien, ça pourrait être pire. »

« Tout arrive pour une raison. »

« Sois fort(e). »


Dit comme ça, ça paraît bienveillant.

Mais dans certains contextes, ça empêche l’expression d’émotions légitimes comme la tristesse, la colère, la peur ou la déception.


Quand le “+” devient “–”


La positivité saine reconnaît la difficulté, accueille l'émotion, encourage avec empathie

La positivité toxique nie la difficulté, étouffe l'émotion, impose l'optimisme

Le problème n’est pas d’être positif.

Le problème, c’est l’être coûte que coûte sans vraiment le ressentir.


SPOILER: Les émotions ignorées ne disparaissent pas, elles s’accumulent.


Que risque-t-on à vouloir à tout prix endosser le masque du "je vais bien, tout va bien"?

  • Culpabilité → « Si je vais mal, c’est que je pense mal. »

  • Isolement → On n’ose plus parler de ce qui ne va pas.

  • Pression sociale → Culture du bonheur permanent (réseaux sociaux, performance, image).


Exemple concret:

Quelqu’un perd son emploi.


Positivité toxique : « Super, ça va t’ouvrir d’autres portes ! »

Approche saine : « Ça doit être dur… tu veux en parler ? »

La seconde phrase n’enlève pas l’espoir — elle commence par valider l’émotion.


Une approche positif saine, nous porte à accepter que toutes les émotions sont légitimes, comprendre que la tristesse n’est pas un échec, se rappeler que la résilience passe par l’acceptation, pas par le déni.

Être humain, ce n’est pas être positif tout le temps.

C’est ressentir pleinement, puis avancer.


LE DEVELOPPEMENT PERSONNEL: Une démarche d'exploration tombée dans la commercialisation de masse


Avec la popularisation du développement personnel, on passe de "soi pleinement toi" à un message simplifié :


« Change ton mindset et ta vie changera. »

« Tu attires ce que tu vibres. »

« Les pensées négatives créent une réalité négative. »


Cela peut sous-entendre que si ta vie ne va pas bien, c’est que tu penses mal (culpabilisation émotionnelle).


Pourquoi le développement personnel peut dériver


Comme nous le montre le film GOUROU, toute pratique peut dériver si elle est poussée à son paroxysme.

Quand le développement personnel pointe du doigt la responsabilité individuelle plutôt que valoriser le potentiel, l'effet obtenu s'éloigne diamétralement de l'effet recherché.

Il fini par s'inscrire dans une culture de performance plutôt que dans une recherche de justesse.


La société actuelle nous fait croire que la valeur d'une réflexion dépend de la vitesse d'un scroIl et ce qui se vend le mieux, c'est ce qui promet des solutions rapides alors que le changement est un parcours dense et articulé qui mobilise beaucoup d'énergie, d'introspection et de volonté


Le développement personnel a parfois servi de véhicule à une version simplifiée de l’optimisme alors qu'il faut reconnaitre la part d'ombre pour apprécier le rayonnement de la part de lumière. C'est un concept qu'on retrouve dans la pensée de Carl Jung.


Il s'agit avant tout, d'une démarche de valorisation de ressources dont nous disposons mais pour les voir et les reconnaitre, il faut avoir fait un travail sur soi car elles ne sont pas toujours accessibles à niveau conscient.

Nous avons tous des capacités d’adaptation, des compétences relationnelles, une histoire qui nous a construit, des valeurs, des stratégies de survie devenues parfois des freins.

Mais certaines ressources sont enfouies sous des blessures, déformées par des croyances limitantes, invisibilisées par un environnement invalidant.

Sans introspection, on peut littéralement ne pas voir ce qu’on a déjà.

Le travail sur soi, sert à identifier ses mécanismes, reconnaître ses zones d’ombre, comprendre ses peurs, accepter ses fragilités.

C’est proche de l’idée d’acceptation développée par Carl Rogers :

"on évolue davantage quand on cesse de se nier."


Paradoxalement, ce n’est pas la quête de performance qui libère les ressources, c’est souvent l’acceptation de ses limites qui permet aux ressources d'émerger pour mieux les contourner.


Quand on dit “Tu as toutes les ressources en toi” sans y mettre aucune nuance, cela peut devenir "allez, vas-y fais un effort...!" C'est une injonction implicite à réussir seul et à se sentir seul responsable de sa réussite ou de son échec; or certaines ressources ont besoin d’un cadre sécurisant, d’un soutien extérieur et parfois d’un accompagnement thérapeutique.


Le travail sur soi n’est pas toujours solitaire car "travailler sur soi" veut dire accepter d'observer son propre mal-être ou son désalignement et aller chercher les raisons profondes à l'origine de cet état. C'est à ce stade que l'accompagnement psy devient le bon contexte pour se demander : “Pourquoi est-ce que je fonctionne ainsi ?”


Le développement personnel devrait être dans son accession première, une démarche de connaissance et d’intégration de soi permettant de reconnaître, mobiliser et ajuster ses ressources internes, en interaction avec son environnement.

Quand on commence à chercher les causes profondes, on touche à des schémas anciens, à des blessures parfois préverbales, à des loyautés familiales inconscientes, à des mécanismes de défense bien installés.

Seuls, on peut vite rationaliser, se juger, tourner en rond et trouver de mécanismes alternatifs pour éviter les zones sensibles alors qu'un cadre thérapeutique offre :

- sécurité

- neutralité

- confrontation bienveillante

- mise en perspective


C’est très différent d’un simple discours motivationnel et c'est un travail de fond que pour certains, s'avère nécessaire afin de pouvoir ensuite se tourner vers un coaching qui nous accompagne vers l'action, la progression, l'amélioration de soi et de sa propre vie en plein alignement avec le “vrai self” et en pleine reconnaissance du “faux self”.

C’est une quête de vérité, une étape de réajustement conscient.

Quand on a conscience de soi et de ses rouages profonds, on peut choisir d'avancer dans une démarche active de réajustement à soi pour trouver un nouveau mode de fonctionnement et grandir grâce aux expériences du passé plutôt que périr sous leur poids

Ce n’est plus de la positivité.

C’est une dynamique d’évolution.


Pour conclure, apprendre à reconnaitre la positivité toxique en affinant notre boussole intérieure, peut nous aider à mieux nous situer sur la mappe de notre chemin de vie pour choisir le chemin le plus adapté vers un changement durable.

 
 
 

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